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05/07/2010

Etape 13 : Tarlant, le Champagne 2.0

Cela fait longtemps que je suis les aventures de Benoît Tarlant, notamment à travers son blog, l’un des plus actifs sur l’univers du Champagne (même si il semble en veille depuis quelques temps). Ce vigneron atypique, bon vivant, connecté et gouailleur dirige avec son père Jean-Mary un domaine de 13 hectares situé essentiellement dans la Vallée de la Marne. Le champagne Tarlant ne produit qu’une grosse centaine de milliers de bouteilles par an, mais qui se développe à grande vitesse et notamment sur le créneau des cuvées de niche. C’est Benoît Tarlant qui m’accueille et me fait faire le tour du propriétaire avant d’attaquer le cœur du sujet : la dégustation.
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Bien installé dans le collier, Benoît et moi avons débuté la dégustation par les vins de la Collection Tarlant, et notamment le Zéro, un champagne nature, offrant une belle présence en bouche, une épaisseur et une puissance citronnée intéressante. C’est un vin très droit, qui a été élevé en cuve inox et en fût de chêne, qui impose une présence étonnante. Un très beau vin qui conviendra à mon avis à un apéro entre connaisseurs, les néophytes risquent de le trouver un petit peu sec. Il accompagnera également très bien des fruits de mer.

Nous avons poursuivi avec le Brut Réserve, une cuvée qui s’approche du Zéro par son assemblage, mais qui par son dosage (6g/L) et son vieillissement. C’est un vin plus fruité, plus rond, avec une bouche bien fraîche et un Pinot présent mais pas écrasant. Un classique très réussi.

Benoît a ensuite ouvert une bouteille de La Vigne d’Antan, une cuvée dont il est particulièrement fier, et pour cause elle, récolte très régulièrement de très belles notes (17/20 Revue du Vin de France 2009, 18/20 Guide Gault et Millau…). C’est un vin rare puisque issu de la seule et unique vigne de chardonnay "franc de pied", c’est-à-dire non greffée et datant donc d’avant l’épidémie de phylloxera qui a décimé la Champagne (à l’exception des 2 parcelles de Pinot qui donnent les Vieilles Vignes Françaises de Bollinger). C’est un chardonnay originel, un plongeon dans le temps. La Vigne d’Antan est un champagne très peu dosé (2g/L) avec un nez étonnant de puissance, un nez axé sur les fleurs blanches et la fraîcheur. La bouche est elle franche, pure, avec une belle trame minérale et des arômes briochés presque croquants. C’est un grand champagne, l’un des très beaux que j’ai dégusté.

Nous avons conclu ce moment de grâce avec la cuvée Louis, le champagne hommage de la maison. C’est un champagne vinifié en fûts de chêne neufs à 4 vins, sans fermentation malo-lactique. Un vin de caractère, généreux, puissant, avec un boisé présent et des notes gourmandes de noisette et de miel. La bouche est sur la même ligne, avec une grande onctuosité. Une merveille, un vrai champagne de gastronomie.

Ce que j'ai offert à ma cave : 6 La Vigne d'Antan, 12 Zéro, 6 Brut Réserve, 6 Rosé Zéro.

22:00 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

14/05/2010

Etape 11 : Le bio selon Franck Pascal

Il est de ces vignerons qui vous marquent, de ces vignerons qui laissent une empreinte forte et un souvenir intense dans votre mémoire, de ces vignerons dont les cuvées sont le reflet de l’âme, le miroir de leur philosophie, la traduction de leur envie. Franck Pascal est de ces vignerons animé par le plus profonde des passions pour son métier, pour ses vins et pour son terroir.

C’est ainsi que Franck Pascal fut l’un des pionniers de la viticulture en biodynamie, et d’une approche véritablement parcellaire du vignoble. Un vignoble, hérité de sa famille et morcelé sur cinq communes de la rive droite de la Vallée de la Marne.

L’homme fut aussi l’un des premiers à ouvrir un blog et à communiquer directement avec ses clients et les passionnées de bulles.


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Loin de la philosophie de certains vignerons de cette partie de la région qui se contente de faire du Champagne pas cher, Franck Pascal a développé une gamme riche et un style propre, structuré autour de cuvées de caractère.

Commençons avec l’Extra-Brut Réserve, un champagne faiblement dosé, qui s’ouvre sur des arômes fruités, et qui offre une bouche crayeuse, minérale, précise et longue. La déclinaison Nature de cette cuvée, est de fait plus droite encore, les amateurs apprécieront, mais je dois avouer que personnellement, j’ai préféré la version avec un dosage, même faible.

La dégustation s’est poursuivie avec l’Extra Brut Emeric 2003, là encore un champagne faiblement dosé et surtout 100% Pinot Meunier, une chose plutôt rare pour être soulignée, mais en adéquation avec le terroir sur lequel est implanté la maison : la Vallée de la Marne. Une cuvée qui fait preuve d’un beau fruité, de corps, mai aussi d’une belle matière dans un millésime pourtant pas évident à vinifier.

Enfin, nous avons conclu avec le Prestige Equilibre 2003, un champagne tout en tension et en vivacité, avec une présence en bouche qui va croissante, et une explosion finale qui se fait toutefois un peu au détriment de la longueur.

Franck Pascal propose une belle gamme, axée sur le terroir, une vinification soignée, et un dosage réduit au minimum.

Ce que j'ai offert à ma cave : 6 Extra Brut Emeric 2003.

10:45 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

22/04/2010

Etape 10 : Pierre Moncuit, le champagne au féminin

Le soleil était de la partie pour cette petite virée au Mesnil-sur-Oger pour aller à la rencontre de la maison Pierre Moncuit, une maison désormais tenue par sa fille Nicole. Située au cœur du village, c’est une superbe demeure du XIXe qui veille précieusement sur les cuvées Pierre Moncuit. La maison a la particularité de posséder un vignoble uniquement planté en Chardonnay, une évidence pour une maison installée sur la Côte des Blancs. Autre distinction de la maison : elle possède de nombreuses vieilles vignes, âgées de plus de 50 ans, qui entrent dans l’assemblage des champagnes haut de gamme de la maison. Enfin, la maison Pierre Moncuit possède également des vignes sur le Sézannais, des raisins qui entrent dans une gamme de vin dédiée : les cuvées Hugues de Coulmet. Deux noms pour une production totale d'un peu moins de 200 000 bouteilles.


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La dégustation a débuté avec le Brut Réserve Pierre Moncuit-Delos, un blanc de blancs entièrement réalisé à partir de raisins classés grand cru. Une cuvée encore un peu jeune, marquée par un nez d’agrumes et de poire et une minéralité mordante en bouche. Je pense qu’avec quelques mois/années de plus il devrait évoluer vers quelque chose de plus fondu, avec une acidité moins présente. Un bon blanc de blancs, mais un cran en dessous de ce j’ai pu goûter chez Diebolt-Vallois ou même du blanc de blancs Billecart-Salmon bu quelques jours plus tôt.

Nous avons poursuivi avec le blanc de blancs 2000, un millésime à la dimension symbolique forte, mais qui malheureusement ne restera pas en champagne comme une immense année. Pourtant ce blanc de blancs 2000 parvient à dépasser et à sublimer l'année. C'est un vin au premier nez floral qui s'ouvre ensuite sur des notes briochées et légèrement grillées. La bouche est toute en tension, portée par la minéralité crayeuse des côteau du Mesnil sur Oger.

Un millésime 2000 immédiatement suivi par le millésime 2002, une cuvée proche, mais peut-être plus aboutie, avec une petite touche saline très agréable en fin de bouche et une minéralité franche mais pas cassante comme celà peut arriver parfois. On perçoit toute la puissance des grands blancs du Mesnil.

La dégustation s'est achevée avec la magnifique cuvée Nicole Montcuit Vieilles Vignes 2002, le fleuron de la maison. Une cuvée incroyable, magnifique, avec un nez aux notes de fruits juteux et sucré étonnant et navigant sur une crète minérale superbe. En second nez on découvre des notes de noisettes grillées d'une intensité étonnante. La bouche est pleine, dense, et la finale interminable. Superbe !

Ce que j'ai offert à ma cave : 6 blanc de blancs 2000, 3 blanc de blancs 2002, 6 Nicole Montcuit Vieilles Vignes 2002.

18:06 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

12/04/2010

Etape 9 : Pierre Gimonnet, 100% Blanc de Blancs

Cette semaine, rendez-vous sur le terroir de Cuis, sur la côte des Blancs, et plus précisément chez la maison Pierre Gimonnet et Fils. Une maison qui se distingue par une volonté forte de travailler le raisin parcelle par parcelle, terroir par terroir afin de procéder à des assemblages précis et méticuleux. Implantée sur la côte des Blancs, la maison Gimonnet travaille presque exclusivement le Chardonnay, qui vient de ses vignes de Cramant et Chouilly pour le grand cru et de Cuis et Vertus pour le premier cru.
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La dégustation a débuté avec le Brut Premier Cru Cuis Blanc de Blancs, une cuvée pleine de fraîcheur, avec un nez marqué par une pointe citronnée, et une bouche sur la craie, avec une belle minéralité. Le terroir dans toute sa plénitude. C’est un champagne très fin, avec des tanins tendres, idéal pour un apéritif.

Mais la grande originalité de la maison Pierre Gimonnet c’est de proposer toute une gamme de champagnes millésimées. Nous avons entamé ce tour des millésimes avec le Brut Premier Premier Cru Fleuron 2004. Il s’agit d’un Blanc de Blancs avec une majorité de raisins grand cru (80%), complété par les vignes de Cuis (1er Cru). C’est un champagne équilibré, fin, mais encore un peu fermé et qui sera certainement totalement ouvert dans 3 ou 4 ans.

C’est le Brut Premier Cru Gatronome 2004 qui s’est offert à nos palais ensuite. Une cuvée créée spécifiquement pour la restauration, et qui possède la particularité d’avoir une mousse extrêmement fine afin de ne pas perturber le palais et les papilles lors d’un repas. C’est un millésime jeune, mais déjà plus ouvert que la cuvée Fleuron 2004. Ce blanc de blancs laisse une plus grande part au terroir de cuis (40%) et se distingue par une belle fraîcheur, et des arômes briochés très expressifs. Sur le palais on découvre une belle matière, des tanins tendres, et une minéralité discrète.

La cuvée Extra Brut Oenophile 2002 est un autre blanc de blancs, mais cette fois déclinée en version non dosée, sur un millésime 2002 qui fut une grande année pour les chardonnays. C’est vin au nez puissant, élégant, et avec un palais marqué par des notes salines et minérales. La finale est un peu brouillée, mais devrait s’ouvrir dans les mois qui viennent.

Dernière cuvée dégustée la cuvée Collection 2002, un champagne élaboré à partir des vieilles vignes de la maison, situées essentiellement à Cramant et Chouilly, des terroirs grand cru. Uniquement disponible en magnum, cette cuvée est celle qui m’a le plus étonné et le plus enchanté. Très marquée par des arômes d’agrumes, portée par une touche acidulée légère, et aérienne par sa minéralité, c’est un très grand champagne à réserver aux belles occasions. Une très belle maison, qui maîtrise le chardonnay comme peu de maisons savent le faire.

Ce que j'ai offert à ma cave : 6 Brut Premier Premier Cru Fleuron 2004, 3 Extra Brut Oenophile 2002, 2 magnums de Collection 2002.

12:26 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : blanc de blancs

01/04/2010

Etape 8 : Dehours, une touche de terroir

Cette fois rendez-vous à Cerseuil, un village situé entre Dormans et Epernay, à la rencontre du champagne Dehours et Fils.

Accueilli par Jérôme Dehours, celui-ci m’a présenté la maison et surtout sa philosophie, une philosophie ancrée dans le terroir grâce à un vignoble très morcelé qui lui permet de jongler entre les assemblages et les cuvées mono-crus. L’autre particlarité de la maison concerne ses vins de réserve élevés en solera.
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La dégustation a débuté avec Les Vignes de la Vallée, un brut issu du vignoble Dehours de la vallée de la Marne. Un champagne aux bulles extrêmement fines et peu nombreuses. C’est une cuvée avec une majorité de pinot meunier et de chardonnay et une petite touche de pinot noir. Au nez, le vin est sur le pain, puis les fruits jaunes. Sur le palais, on se tourne vers un champagne avec une belle tension, de la rondeur et une belle présence. Un beau champagne pour un apéritif d’été.

Nous avons poursuivi avec la cuvée Confidentielle, un champagne plus vif que Les Vignes de la Vallée, et pour cause, on a cette fois une majorité de Chardonnay (57%). Le nez est caractéristique avec des arômes toastés et complexes, et des notes d’agrumes et le miel. La bouche est pleine, avec une finale très longue.

C’est ensuite la Grande Réserve Extra Brut qui s’est offerte à nous. Un champagne Nature, sans dosage, au nez vif et frais, qui s’ouvre sur des notes végétales et fruitées. La bouche est minérale, fraîche, crayeuse, on perçoit le terroir sans ambiguïté. La finale est légèrement saline et ponctue le vin par une fine touche d’amertume.

La dégustation s’est conclue par l’une des cuvées de terroir, des champagnes de lieu-dit, et en l’occurrence l’Extra-Brut Les Genevraux 2004. Il s’agit d’un 100% Meunier, constellé de fines bulles avec un nez gourmand de fruits jaunes et de fruits secs. A l’aération, on perçoit également quelques notes boisées. La bouche possède une belle vinosité, et une texture très soyeuse que j’aime beaucoup. Un magnifique champagne de terroir.

La maison Dehours propose d’autres champagnes de terroir que je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter mais j’ai pris quelques bouteilles pour ma cave.

Ce que j'ai offert à ma cave : 6 Les Vignes de la Vallée, 6 Confidentielle, 6 Extra Brut Les Genevraux 2004, et 6 Extra Brut Mareil-le-Port Maisoncelle 2003.

11:50 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (2)

 
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