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25/03/2010

Etape 7 : Gatinois, le cœur d’Aÿ

Vous connaissez mon amour pour les champagnes Blanc de Noirs, et bien je dois dire qu’avec le Champagne Gatinois, le comble du bonheur a été atteint ! Installée à Aÿ depuis plusieurs générations, la maison Gatinois a mis un point d’honneur a développé son vignoble en choisissant toujours les plus belles parcelles de ce terroir classé grand cru. Un travail de longue haleine, qui s’est fait vigne pas vigne, et aujourd’hui ce ne sont pas moins de 27 parcelles différentes qui composent le patrimoine Gatinois. Sur ce terroir où le pinot noir est roi, les champagnes sont gourmands, fruités, mais parfois un peu trop fardés. Rien de cela chez Gatinois où puissance et finesse cohabitent parfaitement.


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Pierre Cheval, qui dirige la maison, décida de débuter la dégustation par le Grand Cru Tradition Brut, une cuvée à forte dominance de pinot noir (90%), complété par du chardonnay. Un champagne à l’excellent rapport qualité/prix pour un grand cru. L’assemblage offre un compromis agréable en fruité et finesse, et une belle rondeur en bouche et des arômes de fruits mûrs et des notes toastées. Facile à boire, justement dosé, c’est un vin à retenir pour les cocktails de mariage par exemple.

Nous sommes ensuite monté en gamme avec le Grand Cru Réserve Brut, qui possède le même assemblage que le champagne précédent mais profite d’un vieillissement en cave plus long (3 ans) et d’une sélection parcellaire plus exigeante m’a laissé entendre Pierre Cheval. On retrouve la saveur de la cuvée Tradition, mais avec plus de maturité, de gourmandise, un fondu plus présent en bouche, un brioché plus présent, et une acidité légèrement atténué. Le temps a fait son œuvre. Un champagne qui peut glisser de l’apéritif au repas.

Une dégustation conclue, pour les champagnes en tous les cas, par le Grand Cru Rosé Brut. Mon coup de cœur, sans aucun doute. Un champagne qui excite les papilles à la seule vue de sa robe d’un rose saumoné intense. Au nez on se délecte des notes de griottes, de cerises confites, et sur le palais s’est une explosion de saveurs, avec un vin rond, mais puissant, une bouche pleine et une finale marquée par de beaux tanins.

Nous avons fini cette dégustation avec le Côteaux Champenois Rouge Grand Cru. Très honnêtement, les côteaux champenois ne sont pas vraiment ma tasse de thé, je trouve généralement que le rapport qualité/prix n’y est pas. Je dois dire que celui-ci m’a fait, un peu, changé d’avis. Vinifié en fût de chêne uniquement les grandes années et à partir des vieilles vignes de la maison, j’ai trouvé un vin soyeux, fruité et surtout avec une bouche bien pleine alors que c’est justement souvent là la faiblesse des Côteaux champenois. Pas un grand vin, mais une belle curiosité.

Une belle maison, qui offre une belle expression du terroir d'Aÿ et de ses pinots noirs !

Ce que j'ai offert à ma cave : 12 Grand Cru Réserve Brut, 6 Grand Cru Rosé Brut.

16:01 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

18/03/2010

Etape 6 : Henri Giraud, solide comme un chêne

Une maison découverte grâce à des amis amateurs de bulles. La maison Henri Giraud est une structure plus grosse que les vignerons que je visite habituellement, mais elle reste pourtant habitée par un véritable esprit familial.

C’est à Aÿ que le Champagne Henri Giraud est installé, un terroir qui fait la part belle au Pinot Noir et qui accueille des maisons célèbre comme Bollinger. Henri Giraud, c’est une maison qui a une particularité : elle élève une large partie de ses vins en fût de chêne. Mais pas n’importe quel chêne. Il s’agit de bois venant de la forêt d’Argonne située à 60 kilomètres à l’est de Reims, une forêt qui a servi pendant une dizaine de siècles à produire des fûts pour l’élaboration du champagne. Puis peu à peu les fûts furent délaissés pour des cuvés en béton, et aujourd’hui en inox. La maison Giraud fut une des premières à remettre l’élevage sous bois au goût du jour.

La forêt d’Argonne a une particularité unique au monde, elle est plantée sur de la gaize, une roche calcaire dans les fissures de laquelle les racines des chênes se sont enfoncés et qui aujourd’hui rend ces arbres absolument uniques au monde… et les fûts qui sont fabriqués avec tout aussi uniques.

Mais l’art de la maison Henri Giraud réside plus encore dans la façon unique d’utiliser ces fûts pour transmettre au vin, un soyeux, un gras, des notes gourmandes, sans tomber dans un boisé lourd et fatiguant.


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Première particularité de la dégustation qui m’a été offerte chez Henri Giraud : tous les champagnes sont servis à une température d’environ 11/12°C, ce qui peut sembler un peu élevé pour du champagne mais colle parfaitement à la personnalité des cuvées signées Giraud.

Nous avons débuté avec l’Esprit, une cuvée qui, l’exception confirmant toujours la règle, n’est pas élevé sous fût de chêne. Assemblage de Chardonnay et de Pinot, c’est un vin que j’ai beaucoup aimé, notamment pour son nez délicatement épicés et fruité, et une bouche gourmande et fraîche. Une belle entrée en matière même si la suite allait s’avérer époustouflante !

Nous avons poursuivi avec la cuvée Hommage à François Hémart, l’aïeul et le fondateur de la maison Henri Giraud. Premier Champagne de la dégustation à avoir été élevé en fût de chêne, c’est un vin qui m’a ébouriffé par sa bouche soyeuse, pleine, fruitée (peut-être même avec des notes d’agrumes). On bénéficie à plein de la forêt d’Argonne ! Le nez est également séduisant par la fraîcheur qu’il dégage, avec des notes herbacées, et briochées.

Nous avons poursuivi avec la cuvée Code Noire, une cuvée récente, au tarif élevé (75 euros), mais au charme certain. Ce 100% pinot noir est également élevée en petits fûts de chêne de la forêt d’Argonne. Un champagne où l’on retrouve un peu l’esprit de la cuvée Hommage à François Hémart, mais en plus puissant, plus développé, presque plus assumé. Le nez est sur des notes de pêche, d’épices, puis s’avance vers des arômes miellés. En bouche, la minéralité est bien présente, le soyeux du chêne est également, mais se profile derrière une densité et une vinosité incroyable. Une cuvée qui bénéficie en plus d’u superbe packaging. Certes peu importe le flacon, mais là c’est vraiment réussi. D’ailleurs, je ne suis pas le seul à le penser.

Pour conclure cette dégustation, j’ai eu de la chance de visiter la maison le même jour qu’un journaliste à qui l’on avait ouvert une bouteille de Fût de Chêne une heure plus tôt. J’ai donc pu tremper mes lèvres dans ce breuvage rare et prestigieux. Et là mieux oublier tout ce que l’on peut savoir sur le Champagne. La cuvée Fût de Chêne est dans une autre dimension. Le nez est déjà tout simplement incroyable : fruits compotés, notes toastées, minéralité, moka, cuir… C’est étourdissant et superbe à la fois. En bouche, la subjugation se poursuit. On s’approche plus du monde du vin que des effervescents. C’est une cuvée pleine, ample, riche et avec une finale quasi éternelle.

Une dégustation merveilleuse, peut-être l’une des meilleures, avec un coup de cœur pour la cuvée Hommage à François Hémart au rapport qualité/prix excellent à mon avis.

Ce que j'ai offert à ma cave : 12 Esprit, 12 Hommage à François Hémart, 2 Code Noire, 1 Fût de Chêne, 1 Ratafia.

18:01 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (1)

11/03/2010

Etape 5 : Selosse, la passion des champagnes

C’est un monument, une figure de proue même pour certains. Anselme Selosse est un grand de Champagne, un de ces hommes capables de rester fidèle à ses idées envers et contre tous. Car les débuts d’Anselme Selosse à la tête de la maison de champagne Jacques Selosse ne furent pas toujours roses. Convaincu qu’il fallait travailler la terre de Champagne autrement pour qu’elle puisse exprimer son plein potentiel, il fut l’un des premiers à croire en l’avenir et dans la pertinence d’une viticulture biologique, et d’une approche précise et méticuleuse de la vigne là où certains se contentent d’engranger les kilos et de vinifier les litres. Malgré le succès, Anselme est resté un artisan, la maison ne produisant qu’environ 60 000 bouteilles par an.


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Autant vous prévenir, les champagnes signés Selosse sont un peu déroutants. Il faut que le palais dompte leur côté sauvage, presque rebelle parfois, avant d’en apprécier la totalité du potentiel, avant de découvrir leur impressionnantes palettes aromatiques.

Escorté d’Anselme Selosse, je débute la dégustation par le Brut Initial, « l’entrée de gamme » de la maison Selosse (tout de même vendu une soixante d’euros…). Le Brut Initial offre un nez de pomme, de fougère et quelques notes de craie, une minéralité que l’on retrouve ensuite en bouche, accompagné d’une belle fraîcheur et d’une folle complexité. Assemblage de 3 années de vendanges ce champagne est tout simplement merveilleux, mais reste tout de même très cher.

Nous avons ensuite poursuivi avec la cuvée Substance, un champagne élaboré à partir de raisins classés Grand Cru. Le nez est très marqué par l’élevage sous bois en pièces neuves. Mais passées les premières secondes, on découvre des notes de fruits mûrs, de mie de pain, sur une trame boisée, voire par moment séveuse. La bouche est un monument, concentrée, puissante, portée par une superbe tension et une minéralité imposante, c’est un vin de caractère et d’exception. La bouche est soyeuse sans être lourde, au contraire, j’y ai trouvé une vraie vivacité. La finale est très longue, et marquée par l’élevage sous bois.

Dernière dégustation de cette belle matinée : le millésime 1999. Là encore une cuvée vinifiée à partir de raisins grands crus. On trouve là un champagne qui s’exprime sur des notes épicées de cannelle, de bois ciré, de brioche grillée, toujours sur une trame de fond minérale, mais moins marquée que sur les deux autres cuvées dégustées. L’amplitude et la présence en bouche sont exceptionnelles, je crois n’avoir jamais vu cela. La longueur en bouche est incroyable, pas loin d’une dizaine de caudalies.

La dégustation s’est arrêtée sur cette excellent Millésime 1999. Les cuvées Selosse sont bien trop rares pour êtres ouvertes pour un oui, pour un non. Mais j’ai achetés quelques bouteilles dont je ferai les comptes-rendus de dégustation ici.

Ce que j'ai offert à ma cave : 4 Brut Initial, 2 Version Originale, 2 Grand Cru Millésimé 1999, 2 Grand Cru COntraste Blanc de Noirs, 2 Grand Cru Substance.

13:50 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : selosse

04/03/2010

Etape 4 : Doyard, un champagne rosé d’exception

Installé à Vertus depuis 1927, le Champagne Doyard est une des maisons les plus intéressantes du secteur. Aujourd’hui dirigé par Yannick Doyard, le champagne éponyme propose quelques cuvées intéressantes, dont un rosé qui vaut si ce n’est le voyage, au moins le détour. Le domaine Doyard s’étend sur une dizaine d’hectares située à Vertus, Avize, Cramant, Mesnil sur Oger et Aÿ, et se trouve essentiellement constitué de chardonnay. La maison produit environ 40 000 bouteilles par an.


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La famille Doyard baigne dans les bulles depuis longtemps, puisque Maurice Doyard, le fondateur, a participé à la structuration de l’organisation professionnelle champenoise. C’est ainsi qu’il présidera le Syndicat Général des Vignerons puis le CIVC (Comité Interprofessionnel des Vins de Champagne) dont il fut le cofondateur en 1941.

Maurice Doyard a participé à la mise en place de nombreuses réglementations qualitatives à l’époque, dont la plupart sont encore d’actualité aujourd’hui. C’est dire si la maison attache une importance particulière à la recherche de la qualité dans l’élaboration et la création de ses cuvées.

Les cuvées, justement, parlons-en. J’ai débuté la dégustation avec le brut sans année de la maison, le Brut Vendémiaire. Ce Blanc de Blancs possède très florale, avec une petite touche minérale qui s’exprime plus sûrement en bouche. Sur le palais on trouve un champagne ample, équilibré, minérale donc, et légèrement fruité. Un fruité que l’on ne retrouve pas dans la déclinaison Extra Brut de la cuvée Vendémiaire, qui est plus droite, sans toutefois être acide.

Mais mon vrai coup de coeur est allé à la cuvée Oeil de Perdrix Collection de l'An I 2005. Scintillant dans sa robe rose pâle, ce champagne est une pure merveille, un rosé que je les apprécie : arômes de fruits rouges bien présents (fraise surtout), une petite note acidulée qui joue sur le palais, et une finale délicieusement tannique qui s'achève sur les agrumes bien mûrs. Une merveille.

Ce que j'ai offert à ma cave : 6 Brut Vendémiaire, 12 Oeil de Perdrix Collection de l'An I 2005.

 
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